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Top Performance

La douleur n'est pas une pathologie!

29 Mai 2020 , Rédigé par Top perf

Le sport sans douleurs ça n'existe pas!  Faut-il absolument chercher à s'en débarrasser? Que peut-on faire pour éviter les blessures en course à pied? 

Ce qui différencie le sport de l'activité physique c'est la notion de compétition. Contre un adversaire ou parfois contre soit même, lorsqu'on fait un sport on cherche à progresser et obtenir le meilleur.
Quelque soit son sport, on cherche,  un jour ou l'autre, à dépasser ses limites. Et nos limites, elles viennent souvent du mental (résistance à la douleur) ou d'une défaillance physique. Mais dans ces deux cas la douleur nous signale juste que nos limites sont proches donc elle nous protège. Un peu comme le signal de recul d'une voiture. A vous de choisir si vous freiner ou si vous coupez le son. 

Il faut d'abord dissocier les douleurs "normales"  et les douleurs qui annoncent une faiblesse ou une blessure. Certaines douleurs peuvent être combattues. Pour un coureur de 400m ou 800m, impossible de progresser sans se faire "mal" avec des séances lactiques... "Vos courbatures d'aujourd'hui sont vos muscles de demain". Mais dans ce cas, on apprend à résister et à digérer ces séances difficiles. Le coach est là pour doser progressivement et vous permettre de récupérer suffisamment pour que ces douleurs restent  "normales". Même si parfois certaines courbatures sont tellement fortes qu'on est persuadés d'avoir de s'être vraiment blesser. Mollets, adducteurs, lombaires toute séance inhabituelle peut entrainer des courbatures inhabituelles. 

Mais les douleurs qui nous intéressent aujourd'hui sont plutôt celles qui arrivent sans prévenir. Une voûte plantaire, un genou, une hanche, le bas du dos,  un TFL ? ... qui n'a jamais souffert d'un tendon?
Chez le coureur il y a une dizaine de blessures très courantes. 
Le réflexe est souvent de consulter son généraliste, mais force est de constater que beaucoup ne sont pas vraiment formés pour ça ni intéressés par le sujet. Le risque c'est qu'il vous prescrive du repos et des médocs pour lutter contre la douleur! On y vient, faut-il lutter contre la douleur ou savoir traduire le message?  Je ne vais pas me faire que des amis mais c'est bien souvent contre-productif et basé sur des croyances largement contestées. Luter contre la douleur c'est comme vouloir éteindre le voyant rouge sur le tableau de bord de votre voiture. 
Pour d'autres coureurs, la stratégie est de changer de chaussures sans se poser de questions. Parfois même en se disant simplement qu'il suffit de prendre un modèle avec plus d'amorti. Oups! mauvaise idée et je vous explique tout ça plus loin.  
En effet, la douleur est l'alarme, le signal qu'il faut absolument comprendre pour pouvoir corriger ce qui ne va pas et permettre au corps de reprendre une activité normale sans risquer une blessure plus grave. Il ne vous viendrait pas à l'idée de prendre un comprimé anti-douleur (Paracétamol, Ibuprofene...)  pour courir!? Et pourtant!  Beaucoup de débutants le font encore. En plus des risques cardiaques, on ne fait que couper le son avant de se heurter à un mur.
Dans le même registre les genouillères, les ceintures lombaires, les chevillères, et les semelles trop molles et épaisses masquent le signal et ne font que retarder la blessure! 
Alors plutôt que d'espérer que la douleur disparaissent comme elle est venue, pourquoi ne pas tenter d'y répondre. Il existe des bases que l'on a tendance à oublier 

Le  gainage est la force qui permet de ne pas se déformer sous la pression. Pour le coureur, être gainer c'est être capable de ne pas subir les impacts à chaque appuis. Le coureur doit donc impérativement renforcer son gainage debout avec des exercices d'équilibre, et notamment sur 1 seul pied et surtout ne pas oublier de renforcer ses pieds .  En effet ce sont eux qui sont le point de départ de toutes les forces.  Les douleurs directement liées au manque de force intrinsèque du pied sont très nombreuses. Les plus fréquentes sont les tendinites (achile, tendon rotulien ou TFL ), douleurs dans le genou, mal de dos et les périostites tibiales et nous allons y revenir. 

Mais alors pourquoi vos chaussures ont parfois trop d'amorti?   Pour comprendre le mécanisme, je vous invite à lire l'article dédié à la foulée et les préférences motrices. En résumé, lorsqu'on trop d'amorti ou un modèle qui ne correspond pas à nos prédispositions naturelles. Cela transforme notre foulée et crée des tensions anormales. En quelques mois, ou années les conséquences apparaissent.  
Par exemple, si vous prenez une chaussure qui a trop d'amorti pour vous, l'action du pied va se dégrader et ce confort finira par se transformer en faiblesse pour le pied. L'amorti vous coupe de la sensation de "chocs" nécessaire à la réaction musculaire. Il vous permet parfois d'allonger la foulée sans avoir la force de résister à l'impact. L'amorti vous permet même parfois d'attaquer le sol jambes tendues ce qui s'avère catastrophique pour vos genoux. Il vaut donc mieux identifier et comprendre la raison de la douleur plutôt que de l'étouffer dans un faux confort. 

Il y a des douleurs très fréquentes causées par un mauvais choix de chaussures. Alors après chaque blessure, au lieu de foncer sur internet ou en grande surface pour prendre la chaussure qui plait au bon pote, ou qui ont le plus d'amorti possible,  il serait plus sage de faire un petit bilan pour voir quel modèle est vraiment adapté pour vous. 
Citons par exemple la blessure reine. Le (faux) syndrome de l'essuie-glace ( inflammation TFL). Il suffit de mettre un axe trop droit ou un renfort anti-pronation à quelqu'un qui n'en a pas besoin. Le résultat est le même que si vous courez toujours du même côté sur une route bombée, ou toujours dans le même sens sur une piste d'athlétisme (60% en virage). Forcément le genou n'aime pas ça et vous le fait comprendre.  Si vous n'écoutez pas vos genoux, ce sera le bassin qui va partir en vrille et le bas du dos ou les ischios qui vont crier très fort. Ce n'est pas pour ça qu'il faut arrêter de courir, il faut juste repartir avec le modèle qui vous fera recourir sur un sol horizontal! C’est sans doute beaucoup plus classe de partager sur facebook qu’on a un syndrome de l’essuie glace plutôt que de dire qu’on a une une paire de chaussure inadaptée. 
Petit piège à signaler, une chaussure ne s'essaie pas non plus sur un tapis de course, à moins qu'elles ne soient destiner à courir que sur un tapis de course. En effet, votre foulée dépend beaucoup de la position de votre centre de gravité. Or, sur tapis immobile, votre centre de gravité reste à la vertical de la tête. 

Un autre exemple de douleurs uniquement liées aux chaussures: Si vous choisissez un modèle uniquement pour son confort, un modèle très mou et avec trop petit drop (hauteur talon),  vous avez au moins 50% de chances de mettre trop de pression sur votre chaine postérieure. Tendons d'Achille, ischios, genoux ou voutes plantaires, le plus fragile lâchera en premier. Les anti-inflammatoires, repos et tous les examens médicaux n'y changeront rien. La douleur reviendra tant que vous ne respecterez pas vos préférences motrices, votre foulée naturelle et l'action de vos pieds.
Sur le podium des douleurs fréquentes on a également la fameuse périoste tibiale. Simple répétition de chocs que l’on cherche à tout prix à soigner. Un peu comme si je me cogne la tête tous les matins en sortant du lit. La solution privilégiée est de mettre de la pommade tous les midi ou rester au lit.  Peut-être qu’il serait pourtant plus simple de faire en sorte de ne plus subir ces chocs. Or les périostites tibiales sont principalement causées par des chocs entre l’astragale sur le tibia. Signe de mauvais timing ou manque de force du pied qui ne gère pas correctement l’impact au sol. Soit la chaussure est inadaptée soit des années de mauvaises habitudes et de confort ont fait que le pied doit réapprendre à anticiper l’impact. 
Beaucoup de petites douleurs sont des signes de conflits que nous avons appris à reconnaître et nous en faisons profiter nos clients. 

Pour votre dos, je vous invite à lire notre article dédié à la ceinture abdominale. Si la réaction du pied au sol  est très importante, elle ne suffit pas. Il faut que toute la chaine soit solide pour résister à la déformation du corps qui oscille entre le pied droit et le pied gauche en permanence et avec des impacts. Si il y a déformation, il y usure et donc blessure à moyen terme. 
Ce qui est important de comprendre également c'est que le corps s'adapte en fonction de ce qu'il fait et des moyens qu'il a. Si vous manquez de force, il va se déformer pour encaisser sans tomber, il va également enraidir les muscles qui travaillent trop pour les protéger. La pronation fait parfois partie de ces réponses. Il est donc important lorsqu'on change de chaussures, ou que l'on corrige une pronation avec des semelles de faire les exercices de renforcement pour que le problème ne soit pas juste déplacé (genoux, dos) mais éliminé. On ne cherche pas à soigner la douleur mais à empêcher une blessure plus grave.

Depuis 1998, on a conseillé des milliers de coureurs et coureuses et on a su répondre à leurs besoins spécifiques. Nous sommes capables d'identifier vos préférences motrices, votre foulée et vos points faibles. C'est notre métier depuis plus de 20 ans. Nous conseillons les modèles adaptés qui correspondent à vos critères en vous expliquant comment corriger des faiblesses flagrantes. C'est souvent l'inverse des modèles vedettes du marketing qui s'avèrent souvent trop mous ou trop renforcés et trop chers. Notre expérience nous permet de sélectionner nos produits en éliminant ceux qui nous paraissent ne pas correspondre à des critères biomécaniques précis (Trop molles, trop rigides ou cohérence drop/densité, trop épais, retour énergie au talon, instabilité).  Même si certaines marques sont très demandées, si elles surfent uniquement sur le marketing et le confort immédiat au mépris de la proprioception ou du respect des préférences motrices, nous préférons refuser de les proposer.  La politique du magasin toujours de respecter et fidéliser nos clients sur le long terme en les conseillant de notre mieux. 
N'oubliez pas de venir avec vos anciennes chaussures et préparez-vous à courir dans la rue du magasin. C'est la méthode la plus sûre pour pouvoir être conseillé et éviter les douleurs anormales

Eric
Coach et Conseiller running depuis 1998

Top Performance 
30 rue des Bannois 62840 LAVENTIE
166 rue du Pdt Kennedy 02100 SAINT QUENTIN

www.topperf.com

 

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